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L'Agitateur

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Agitateur n°27
Vive la Slow-Science !
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On n'a plus le temps. Aujourd'hui, personne n'a le temps, pas même (ou surtout), les retraités !" C'est ce qu'on entend dire partout, et en particulier dans les associations. Et cette impression de course après le temps paraît être confirmée par les observateurs de la société actuelle*. Si 1, 2, 3, sciences pâtit de cette évolution comme (très) petite structure, le pire, à mes yeux, est la diminution de la disponibilité des membres de l'association, pour "faire des sciences" au cours de nos rencontres. L'intérêt des Fols après-midi et le plaisir de les vivre, tant de fois reconnus et cités dans les pages de L'agitateur, ne font plus recette ! Pourtant, je me rappelle de participant(e)s comparant nos moments de manipulation et de cogitation scientifiques à un bon bain ou à une séance de yoga, rien de moins. L'appropriation des démarches pour ressentir cette satisfaction demande de laisser du temps au temps. Dans ce cas, comme bien d'autres, "apprendre vite" favorise la mémorisation systématique des notions aux dépends de la construction personnelle d'une authentique démarche scientifique. Alors que l'élaboration en groupe de notions favorise l'apprentissage des sciences, la construction d'outils mentaux de raisonnement conduit chacun à l'autonomie de la pensée.
A 1, 2, 3, sciences, nous
souhaitons promouvoir une "slow-science", équivalente du Slow-food créé en réaction au Fast-food. Nous refusons cette urgence pour gagner du temps ! En effet, le temps passé à pratiquer la science est plus fécond pour l'avenir que celui passé à chercher, chaque fois qu'une question se pose, vers une "explication", c'est à dire dans ce cas une "information". Au lieu de revenir sur le sujet plusieurs fois en restant à la surface, on acquiert les moyens de reconnaître les phénomènes qui se ressemblent, et de raisonner personnellement à leur sujet. Or pour pallier nos ignorances en science, nous avons l'habitude de recevoir, par différents canaux, des informations de la part des scientifiques. Cela complique un apprentissage réel des sciences car il nous faut remplacer cette attente passive, par notre propre activité scientifique et avoir confiance en elle. C'est l'approche PERSSO décrite par G. Laporte dans ce numéro. En conséquence, cela vaut la peine d'aller plus lentement pour intégrer des savoir-faire puis des connaissances dont nous saurons nous servir, comme par exemple avec le Compagnon du Tour de Science**

* Voir La dictature de l'urgence de Gilles Finchelstein (Fayard) ** Le 1er CTS sur la Flottabilité est (enfin !) terminé. Les adhérents peuvent le recevoir en le demandant à 1, 2, 3, sciences
Marima Hvass-Faivre d'Arcier