"
On n'a plus le temps. Aujourd'hui, personne n'a le temps,
pas même (ou surtout), les retraités !" C'est ce qu'on entend
dire partout, et en particulier dans les associations. Et cette
impression de course après le temps paraît être confirmée
par les observateurs de la société actuelle*.
Si
1, 2, 3, sciences pâtit de cette évolution comme (très)
petite structure, le pire, à mes yeux, est la diminution de la
disponibilité des membres de l'association, pour "faire des
sciences" au cours de nos rencontres. L'intérêt des Fols
après-midi et le plaisir de les vivre, tant de fois reconnus et
cités dans les pages de
L'agitateur, ne font plus recette !
Pourtant, je me rappelle de participant(e)s comparant nos
moments de manipulation et de cogitation scientifiques à un
bon bain ou à une séance de yoga, rien de moins.
L'appropriation des démarches pour ressentir cette
satisfaction demande de laisser du temps au temps. Dans ce
cas, comme bien d'autres, "apprendre vite" favorise la
mémorisation systématique des notions aux dépends de la
construction personnelle d'une authentique démarche
scientifique. Alors que l'élaboration en groupe de notions
favorise l'apprentissage des sciences, la construction d'outils
mentaux de raisonnement conduit chacun à l'autonomie de la
pensée.
A
1, 2, 3, sciences, nous
souhaitons promouvoir une
"slow-science", équivalente du Slow-food créé en réaction au
Fast-food. Nous refusons cette urgence pour gagner du
temps !
En effet, le temps passé à pratiquer la science est plus
fécond pour l'avenir que celui passé à chercher, chaque fois
qu'une question se pose, vers une "explication", c'est à dire
dans ce cas une "information". Au lieu de revenir sur le sujet
plusieurs fois en restant à la surface, on acquiert les moyens
de reconnaître les phénomènes qui se ressemblent, et de
raisonner personnellement à leur sujet.
Or pour pallier nos ignorances en science, nous avons
l'habitude de recevoir, par différents canaux, des informations de la part des scientifiques. Cela complique un
apprentissage réel des sciences car il nous faut remplacer
cette attente passive, par notre propre activité scientifique et
avoir confiance en elle. C'est l'approche PERSSO décrite par
G. Laporte dans ce numéro.
En conséquence, cela vaut la peine d'aller plus lentement
pour intégrer des savoir-faire puis des connaissances dont
nous saurons nous servir, comme par exemple avec le
Compagnon du Tour de Science**
* Voir La dictature de l'urgence de Gilles Finchelstein (Fayard)
** Le 1er CTS sur la Flottabilité est (enfin !) terminé. Les adhérents peuvent le recevoir en le demandant à
1, 2, 3, sciences
Marima Hvass-Faivre d'Arcier